Pas de FOMO sur l'IA
Beaucoup de gens ont peur de rater le train de l'IA, et restent bloqués. Ce que deux ans d'apprentissages vite dépassés m'ont appris, et par où commencer si vous démarrez maintenant.
29 septembre 2026 · 3 min de lecture · Julien Lampin
Je vois beaucoup de personnes qui ont peur de rater le train de l'IA, et qui restent paradoxalement bloquées. Trop de choses à apprendre, trop de retard, on ne sait pas par où commencer.
Je comprends. Mais regardez ce qu'est devenu tout ce que j'ai appris.
Deux ans d'efforts, vite dépassés
- Il y a deux ans, je passais des soirées entières à monter des workflows n8n et Make. Des nœuds, des webhooks, des mappings de champs à rallonge. Aujourd'hui, la moitié de ces workflows s'écrivent en une phrase.
- L'an dernier, je peaufinais mes prompts au mot près.
- En janvier, j'ai construit sur OpenClaw tout un système pour gérer ma vie et ma mémoire. À la poubelle quelques mois plus tard.
- Il y a quatre mois, certains cas d'usage étaient inutilisables à cause du coût de l'IA.
- Il y a deux mois, j'optimisais mes tokens au millimètre : découper le contexte, compresser les prompts, choisir le bon modèle pour chaque étape.
Sans parler des applications et des sites que j'ai mis des mois à développer, et qui sont aujourd'hui moins bien faits que ce qu'on obtient en deux prompts.
Vous avez sûrement vos propres exemples.
Rien n'est perdu
Chaque étape m'a donné quelque chose : de l'intuition, du bon sens, de la vitesse d'exécution, et une meilleure idée de ce qui va vraiment servir.
Mais ça va tellement vite que si vous commencez maintenant, vous n'avez pas à refaire tout ce chemin. Il suffit de vous mettre à l'état de l'art du moment.
J'en tire trois constats. Une bonne partie de ce qu'on apprend avec tant d'efforts sera obsolète dans un an. Beaucoup de gens passent un temps fou sur des optimisations qui ne serviront bientôt plus à rien. Et se remettre à niveau prend quelques jours, pas quelques années.
Le retard s'accumule moins qu'on ne le croit : le terrain se réinitialise tous les six mois.
Deux ans d'état de l'art
Il y a deux ans
nov. 2024
MCP
Un standard ouvert pour brancher l'IA à vos outils
déc. 2024
o1
Un modèle qui réfléchit avant de répondre
janv. 2025
DeepSeek R1
Le raisonnement en open source, à prix cassé
févr. 2025
Claude Code
L'agent de code dans le terminal
Il y a dix-huit mois
mai 2025
Claude 4
Des agents qui tiennent sur la durée
juil. 2025
ChatGPT agent
ChatGPT navigue et agit à votre place
août 2025
GPT-5
Le raisonnement par défaut, pour tous
Il y a un an
nov. 2025
Gemini 3
Google reprend la tête des classements
nov. 2025
Claude Opus 4.5
Le haut de gamme au tiers du prix
janv. 2026
Claude Cowork
Un agent sur le bureau, pour le travail non technique
janv. 2026
OpenClaw
L'agent personnel open source devenu viral
Il y a six mois
avr. 2026
GPT-5.5
Un nouveau GPT, six semaines après le précédent
juin 2026
Claude Fable 5
Un palier de plus, accessible au public
sept. 2026
GPT-6 Astra
La génération GPT-6 ouverte au public
sept. 2026
Cowork devient Claude
L'outil de janvier n'existe déjà plus seul
Aujourd'hui
Ce n'est pas une raison pour attendre
Faites des choses. Construisez. Ratez. C'est comme ça qu'on comprend ce que l'outil sait faire, et surtout ce dont on a vraiment besoin. La théorie a ses limites : c'était vrai avant l'IA, ça l'est encore plus aujourd'hui.
Simplement, faites-le par curiosité, pas par peur.
Par où commencer
Ne cherchez pas le cas d'usage ultime. Prenez les choses que vous faites déjà à la main, et optimisez-les petit à petit. Les autres cas d'usage viendront naturellement.
Pour donner des idées, voici quelques usages de mon quotidien, avec Claude Cowork entre autres :
- Voyage : je donne mes critères (budget, dates, nombre de personnes), l'agent parcourt Airbnb, Abritel et d'autres sites, puis compile le tout dans un document qui note chaque logement.
- Administratif : sur Tiime, récupérer les transactions sans pièce jointe (restaurants, abonnements), les croiser avec Google Photos et mes mails pour retrouver les justificatifs, puis les rattacher.
- LinkedIn : extraire les interactions, et envoyer une demande de contact quand c'est pertinent.
- Veille : surveiller régulièrement un site de revente, par exemple pour des places du Hellfest.
- Emploi : à partir d'un CV, parcourir les plateformes pour trouver des offres, et les noter.
- Mails : faire ressortir les mails importants ou oubliés, et faire un récapitulatif hebdomadaire de ce qui compte dans l'agenda et les mails.
- Courses : préparer un drive à partir d'une liste de courses, avec le panier en ligne rempli automatiquement.
Aucun n'est spectaculaire. Ce sont des choses que l'on fait habituellement à la main, en plus rapide. Le premier gain ne vient pas de l'outil, mais du réflexe : regarder chaque tâche répétitive en se demandant si un agent pourrait la préparer.
C'est aussi comme ça que je travaille avec les équipes en accompagnement IA : on part de leurs tâches réelles, pas d'une démo.
Et une question à vous poser avant d'apprendre la prochaine technique : quelle compétence IA avez-vous durement acquise, et qui ne sert déjà plus à rien ?