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Julien Lampin
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Deux sondages à sept mois d'écart

En janvier, puis sept mois plus tard, j'ai posé la même question sur la part de code généré par l'IA. 62 % des votants dépassent maintenant 80 %, contre 21 % : ce que j'en lis, biais compris.

24 septembre 2026 · 3 min de lecture · Julien Lampin

J'ai fait le même sondage à sept mois d'intervalle, sur la part de code généré par l'IA. Les résultats vont dans le sens de ce que je constate dans ma propre utilisation. Ils disent aussi quelque chose de ce qui attend les équipes.

D'abord, les biais

Il n'y a pas assez de répondants pour en tirer une généralité. Et ceux qui ont répondu sont des gens qui me suivent, et qui osent s'exprimer. Le sondage est donc complètement biaisé. Il ne dit rien non plus de la qualité du code produit, ni de ce que chacun met derrière « code généré ».

Je le lis comme un signal, pas comme une mesure. Cependant, le signal est net.

Ce qui a bougé en sept mois

62 % des votants sont au-dessus de 80 % de code généré, contre 21 % en janvier. La part de ceux qui codent principalement avec l'IA est devenue écrasante. À raison, je pense : quand on l'utilise tous les jours, on voit bien que c'est le sens de l'histoire.

Plus intéressant, les personnes qui ont voté aux deux sondages. Toutes utilisent l'IA autant ou plus qu'en janvier. Aucune n'a levé le pied. L'usage ne déçoit pas, au contraire.

Enfin, les leads et les architectes. En janvier, aucun de ceux qui avaient voté ne dépassait 80 %. Ils sont maintenant 53 %, soit 8 sur 15.

Au-dessus de 80 % de code généré

Tous les votants

Janvier21 %
Septembre62 %

Leads et architectes

Janvier0 %
Septembre53 %

En septembre : 8 sur 15.

Même question, sept mois d'écart. Chez les leads et les architectes, personne ne dépassait 80 % en janvier.

Je pense aussi qu'il est devenu socialement acceptable de le dire, ce qui l'était moins il y a sept mois. Une partie de la hausse tient peut-être à ça : des gens qui le faisaient déjà, et qui l'assument.

Je ressors de ces deux sondages plutôt rassuré, biais compris. Ils montrent qu'on va dans la direction que mon bon sens de développeur, de builder et de passionné de tech me dit que tout le monde prendra.

Pour une équipe, la question a changé

La question n'est plus « faut-il ? », mais « comment ? ». Le chiffre des leads et des architectes compte ici plus que les autres, parce que ce sont eux qui fixent les règles de l'équipe. Quand leur propre usage bascule, les règles doivent suivre, sinon chacun invente les siennes.

Quatre sujets à poser explicitement :

  • La revue. Quand l'essentiel du code est généré, la revue devient le vrai point de contrôle. Elle doit porter sur l'intention et les risques, plus que sur la forme. Relire ligne à ligne, au rythme où le code est produit, ne tient pas longtemps.
  • Les tests. Un agent écrit vite, bugs compris. Les tests sont ce qui permet de suivre ce rythme sans le subir.
  • Les conventions. Un agent reproduit ce qu'il trouve dans le dépôt et dans ses instructions. Des conventions écrites et tenues à jour font ressembler le code généré à celui de l'équipe.
  • Le rôle des leads. Il se déplace : moins écrire, plus cadrer, relire, et décider de ce qu'on confie à l'agent. C'est un changement de métier plus que d'outil, et il vaut mieux le dire clairement à l'équipe.

C'est le travail que je fais avec les équipes en accompagnement IA : partir de ce qu'elles font vraiment dans la semaine, et poser ces règles avec elles plutôt qu'à leur place.

Au fond, le pourcentage de code généré compte moins que la suite. Ce qui fait la qualité d'une équipe, c'est ce qu'elle accepte de fusionner, et pourquoi.

Julien Lampin

Je veux comprendre, alors je construis. Architecte et tech lead à temps partiel, expert MongoDB à Lille, je partage ici ce que j'apprends en construisant, pour mes clients comme pour mes propres produits.

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